Progression autour des images classifiées

L’utilisation des images classifiées vient après que l’enfant a déjà manipulé/expérimenté à partir de vrais objets (pour rappel, en Montessori, on va toujours du concret vers l’abstrait, donc on propose en tout premier des objets, puis des photos d’objets, puis des dessins d’objets …)

Les objets classifiés, ou panier à thèmes :

Quand Luce était encore en Nido, avant l’acquisition de la marche, je lui proposais des paniers classifiés, contenants des objets autour d’un thème, je changeais le thème quand elle se lassait au bout de quelques jours. Elle touchait les objets, les observait sous tous les angles, et moi, je nommais ses actions (dans les derniers jours, une fois qu’elle en avait fait le tour au niveau sensoriel, avec ses yeux, ses mains, et sa troisième main, sa bouche !)

 « Là, tu prends le gant de toilette, tu touches, il est rugueux »
« Ceci est une brosse à cheveux, ça sert à se coiffer »

Voici diverses idées de paniers à thème :

  • objets de la salle de bain (fleur de douche, gant de toilette, brosse à dent, brosse à cheveux, brosse à ongles, savon emballé, mini tube de dentifrice)
  • objets utiles en cuisine (mini fouet, mini rouleau à pâtisserie, bouchon de liège, cuillère, fourchette, minuteur, boule à thé, éponge)
  • panier de la mer au retour des vacances (coquillages, pot à confiture rempli de sable, algues séchées, bois flotté, galets …),
  • panier de l’automne (pommes de pin, feuilles séchées, mousse, coquille d’escargot …)
  • fruits,
  • légumes,
  • véhicules miniatures,
  • figurines d’animaux de la ferme …
Les images classifiées :
Qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une série de photos/images, autour d’un thème, qui a pour but d’enrichir le vocabulaire de l’enfant. En général, on propose une dizaine d’images par thème. Les photos/images doivent être suffisamment grandes et épaisses pour être manipulées facilement par l’enfant, surtout quand l’enfant est petit, la manipulation de photos plastifiées est difficile, pour cette raison, j’utilise un tapis ou un set de table en coton, les petits doigts attrapent plus facilement les cartes !

Comment les utiliser ?

Il existe plusieurs manières de les utiliser (la partie concernant ces images classifiées était vraiment maigre lors de ma formation, il s’agit donc ici de MA propre façon de faire, sans doute non montessorienne, mais qui fait preuve de bon sens). Normalement, il faudrait attendre que l’enfant montre une sensibilité pour tel ou tel thème pour les proposer, mais avec Luce, je peux toujours attendre, ou alors j’ai raté mes observations  (sauf pour les moyens de transports pour lesquels elle a montré un réel attrait).

J’ai donc opté pour lui présenter en fonction :

  • soit de ses besoins/envies que j’avais observés (sensibilité pour les moyens de transports par exemple)
  • soit de ma logique (connaître le nom des fruits et des légumes, c’est important …)
  • soit de nos activités du moment (vacances à la montagne, à la mer …)
  • soit de mes envies de jeux (mises en paires, mémory …)
Les premières utilisations, en Nido : 

En tout premier, très tôt, vers 8 mois, alors qu’elle connaissait déjà beaucoup d’animaux suite à nos lectures d’imagiers (oui, du coup, les images classifiées, ça peut paraître redondant), ou comptines signées, ou manipulation des figurines, je lui ai proposé la toute première série d’images classifiées, téléchargée sur le blog de A la douce , concernant les animaux les plus courants. J’avais collé ces photos sur des cartons entoilés, format 10/15 pour rendre la manipulation plus aisée.

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Sur cette photo, Luce a 10 mois, elle établit la relation
entre la photo du poisson dans sa main, et les poissons dans l’aquarium !

On prenait du temps ensemble pour les regarder, je les nommais en les signant. Plus tard, quand elle commençait à les connaître, on en sélectionnait 3, et je donnais des ordres du type :

Montre-moi la vache.
Donne-moi le mouton.
Où est le cochon ?

Comme je pratique la langue des signes, les mots principaux des ordres étaient doublés par les signes : Où est le cochon ? (en prononçant la phrase, je signais Où puis cochon)

Ensuite, nous passions à un exercice du type leçon en trois temps non conventionnelle. Elle est normalement introduite beaucoup plus tard, quand l’enfant parle, mais avec les signes, tout devient possible plus tôt ! J’en profitais donc pour lui demander en pointant la carte « Qu’est-ce que c’est ?« , et elle me répondait en signant.

Voici une vidéo où elle signe/bruite à partir d’un livre de Delebecque (je n’ai pas de vidéo lors de l’utilisation des images classifiées, dommage !)

Du point de vue pratique : 

En général, j’ai 3 séries de cartes disposées sur les étagères, que je fais tourner en fonction des besoins/envies. J’ai testé plusieurs solutions pour les ranger, les pochettes en papier, les pochettes à rabats, les petits plateaux, et finalement, j’ai trouvé ce qui me semblait désormais le plus pratique : les pochettes à zip transparentes.

20150216_170817

Certains proposent les cartes d’un même thème reliées par des anneaux, comme un livre, on pourrait également utiliser un album photo. J’ai fait le choix de ne pas attacher mes cartes ensemble pour deux raisons : nous avons déjà énormément de livres et d’imagiers, je trouvais ça redondant, et surtout, les cartes classifiées, étalées sur un tapis ou un table, permettent une vision d’ensemble d’un thème : l’enfant peut voit simultanément dix images sur un même thème, ce qu’il ne pourrait pas faire si les images étaient reliées entre elles. Hors la classification est un élément très important dans le développement du langage chez l’enfant.

Plus tard, en communauté enfantine : 

Plus tard, j’ai introduit des thèmes comme les transports, les fruits, les légumes, les instruments de musique, l’hiver, les animaux de la mer, les insectes, l’automne, les vêtements, les animaux de la forêt , le printemps …

Voilà comment je procède avec mes séries d’images :

  •  Je dispose une nouvelle série d’images sur les étagères, j’attends de voir si Luce s’y intéresse ou non : si elle s’y intéresse, je la laisse les regarder, les manipuler, les ranger, si elle ne s’y intéresse pas, je lui fais remarquer que j’ai disposé une nouvelle série d’images sur ses étagères, et si vraiment elle ne les utilise pas, je lui propose de les regarder avec elle,

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  • au bout de plusieurs manipulations, je me mets à côté d’elle, on les regarde ensemble et je les nomme, ça peut durer jusqu’à 30 minutes parfois, avec ses « Et ça, qu’est-ce que c’est ? »,
  • le lendemain, j’en sélectionne 3 ou 4 dans la pochette, et je lui demande Où est  … ? Montre-moi … ? et si je vois qu’elle les connaît, je passe à la question Qu’est-ce que c’est ? (une sorte de leçon en trois temps montessorienne, mais vraiment pas stricte du tout),
  • pour relancer l’intérêt de la série, si j’ai la chance de posséder les objets ou les miniatures, je dispose sur un plateau environ 6 cartes avec leurs figurines, Luce connaît très bien cette activité désormais, et fonce directement pour effectuer une mise en paires. Elle prononce le nom de la carte, puis choisit la figurine en signant « même ». (Elle parle, mais ce signe reste très présent au quotidien). Si je n’ai pas les figurines, j’utilise un deuxième exemplaire de cartes.

classifiées transport

  • enfin, pour utiliser une dernière fois la série avant de la ranger, quand Luce en a vraiment fait le tour,  nous jouons au mémory avec 4 cartes et leurs doubles sélectionnés, parfois encore, je mets en place un plateau avec les cartes, et à côté les figurines correspondantes dans une pioche : elle tire une carte et cherche sans regarder la figurine associée dans la pioche stéréognostique.
La question du texte sous l’image : 

La question du texte sous l’image est souvent posée. Je n’émets pas d’avis tranché sur la question. Luce est confrontée à l’écrit depuis qu’elle est toute petite, dans les nombreux livres que nous lisons au quotidien. Elle me demande d’ailleurs souvent : « écrit quoi là ? ». J’ai envie de vous donner ma solution :

  • si vous faites vous même vos cartes, créez-les grandes (format 15/15 minimum, les miennes sont trop petites), et sans écriture, afin que l’enfant se concentre seulement sur la photo ou l’image, et si comme certaines de mes amies, vous avez du mal avec le vocabulaire d’une série, écrivez le nom au dos de la carte, en petit😉
  • si vous téléchargez et imprimez des cartes toutes faites, utilisez-les telles qu’elles ! Notre temps est précieux, n’est-ce pas ?

Vous trouverez également des pistes de réflexion sur cet article du blog Merci Montessori, et j’attends vos suggestions !

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