Bénédicte de Boysson – Bardies : Comment la parole vient aux bébés ?
Josie Bernicot et Alain Bert-Erboul : L’acquisition du langage par l’enfant
Sous la direction de Patrick Ben Soussan : 1,2,3 comptines
Anne Gardner : Parlons ensemble

En pleine écriture d’un article pour un site bien connu, j’en suis arrivée à rechercher comment représenter la notion des « jours » avec les enfants. Une des idées proposée en pédagogie Montessori est d’utiliser l’origine historique de la création des noms des jours de la semaine. En gros, ça donne ça, une histoire à raconter aux enfants, et du matériel à télécharger :
Nos ancêtres avaient observé, parmi les étoiles, 7 astres différents. Ils avaient associé à chaque astre une divinité, qu’ils vénéraient à tour de rôle afin d’éviter les colères et les jalousies des Dieux.
Le premier jour, ils vénéraient le Soleil, et on appela alors ce jour Solis dies, qui est devenu dimanche en français, mais qui garde dans les autres langues, la trace du mot soleil : Sonnetag, Sunday …

Le deuxième jour, ils vénéraient l’astre de la lune, et on appela ce jour Lunaes dies, en français, lundi.

Le troisième jour, ils vénéraient Mars, le dieu de la guerre, et on appela alors ce jour Martis dies, en français, mardi.

Le quatrième jour, ils vénéraient Mercure, le messager de tous les dieux, et dieu du commerce, des voyages et des voleurs et on l’appela alors Mercurii dies, mercredi.

Le cinquième jour, ils vénéraient Jupiter, le dieu qui gouverne la Terre et le Ciel, ainsi que tous les êtres vivants s’y trouvant et on l’appela alors Jovis dies, jeudi.

Le sixième jour, ils vénéraient Vénus, la déesse de la beauté, et on l’appela alors Veneris dies, vendredi.

Le septième jour, ils vénéraient Saturne, dieu de l’agriculture et du temps, et on l’appela Sabbati dies, samedi.

Vous pourrez utiliser les roues pour les plus petits, et les nomenclatures pour les plus grands, voici les documents en téléchargement :



Chaque jour, nous plaçons l’astre concerné dans un petit récipient, et nous tournons la roue des divinités.
« Mon petit œil voit un objet dont le nom commence par … »

Vous êtes nombreux à vouloir savoir quand vous pourrez enfin jouer avec votre enfant au célèbre « Mon petit œil voit … » (appelé aussi Je devine, ou Le jeu des sons, ou I spy sound game…). Ce jeu prépare, accompagné d’autres matériels ou activités issues de la pédagogie Montessori, l’entrée dans le monde de l’écrit. Vous êtes souvent pressés à l’introduire, et je ne peux que comprendre votre excitation, mais il faut parfois attendre un peu, afin de ne pas manquer les étapes préalables nécessaires à la bonne compréhension de ce jeu.
Tout d’abord, il faut savoir que ce jeu sert à éveiller chez l’enfant la conscience phonologique : La conscience phonologique est définie comme la connaissance consciente et explicite que les mots du langage sont formés d’unités plus petites, à savoir les syllabes et les phonèmes. Elle se traduit par la capacité à percevoir et à identifier les différents composants phonologiques et à les manipuler : localiser, enlever, substituer, inverser, ajouter, combiner…
Vous pourrez mettre en place cette activité à la maison quand :
Votre enfant sera capable d’être conscient de la phonologie quand lui-même aura acquis une certaine aisance pour prononcer les sons clairement. Si votre enfant est compris par les personnes qui n’ont pas l’habitude d’échanger avec lui, c’est sans doute qu’il s’exprime de façon compréhensive.
J’ai néanmoins remarqué, car j’ai commencé très tôt à utiliser « Mon petit oeil » avec Luce, que ce jeu l’aidait à mieux cerner les sons et donc à mieux les prononcer. L’articulation exagérée des sons pendant le jeu, et le fait que j’y combine la méthode Borel-Maisonny, lui permet sans doute de mieux analyser les sons pour les reproduire au sein des mots.
Cependant, la prononciation claire n’est pas un des seuls pré-requis.
Votre enfant devra posséder un vocabulaire large qu’il aura acquis autour d’ expériences langagières multiples : association d’images classifiées et apprentissage du vocabulaire autour d’un thème précis, lecture d’histoires ou d’imagiers avec l’adulte, conversations avec l’adulte, jeux d’imitation avec l’adulte ou la fratrie (marchande, poupée, playmobil, ferme …), apprentissages de comptines depuis le plus jeune âge …

Votre enfant devra avoir commencé à raconter en juxtaposant plusieurs phrases aux structures construites. Par exemple, il aura commence à décrire un évènement passé, ou encore il vous aura raconté les actions successives d’une histoire avec comme support un livre ou une série d’images séquentielles qu’il aura remis dans l’ordre au préalable.

Avant d’utiliser le jeu « Je devine » avec votre enfant, vous aurez mis en place diverses activités, depuis sa naissance, l’aidant à affiner sa perception sonore :



Bref, vous l’aurez compris, avant de vous lancer dans ce jeu et de travailler la conscience phonologique, votre enfant aura dû vivre de multiples expériences langagières et sensorielles. Il n’est pas forcément utile de mettre en place des activités spécifiques, très normées : en effet, l’enfant, orienté par son plan de développement interne, pose naturellement les questions dont il a besoins. Il suffit de l’observer, et de répondre à ses questionnements, tout en le nourrissant au niveau sensoriel. Baigné dans la musique, les comptines, et les histoires racontées par l’adulte, il aura développé tous les pré-requis nécessaires au travail sur la conscience phonologique.
Pour aller plus loin :
Pour aller plus loin et découvrir comment mettre en place le jeu Je devine, un très bon article sur le blog Family and co : https://familyandcoblog.wordpress.com/2013/05/17/la-lecon-en-trois-temps-avec-le-jeu-je-devine/
Des étiquettes pour vos objets manquants : http://montessorimaispasque.com/tag/je-devine-montessori/
Avec Zoé, nous entamons le travail sur les multiples, et avons commencé notre action autour des critères de divisibilité. La mémorisation des tables étant bien avancée (merci Multimalin, ouf !), la semaine dernière, nous avons pu déduire les critères de divisibilité à partir des manipulations de ces fiches, réalisées à partir du pdf de l’école vivante : Mathématiques 6/12 ans.
J’ai choisi de travaillé essentiellement sur la divisibilité par 2, 3, 4, 5 et 9, et, en toute honnêteté, je réapprends en même temps qu’elle (oui, c’est le genre de choses qu’on oublie vite …).

On part d’un nombre, et on enlève (ou ajoute) une unité à chaque fois afin de réaliser plusieurs divisions sur une suite de nombres consécutifs. Le but est d’observer les résultats obtenus et de comprendre qu’un nombre est divisible par … quand il n’y a pas de reste dans la division.
Pas de problème pour effectuer les divisions, ça, c’est acquis. Par contre, pour Zoé, tout ce qui relève de la déduction et de la logique reste quasi impossible. Elle a entouré en fonction des consignes, et puis, ensemble, nous avons déduit les règles.
Ensuite, une fois les critères compris, nous avons fait beaucoup d’exercices à l’oral, puis à l’écrit. Ensemble, nous avons travaillé sur un tableau à double entrée pour qu’elle se pose sur chaque nombre, la possibilité ou non qu’il soit multiple de 2, de 3, de 4, de 5 ou de 9. Le but était de lui donner une méthode rigoureuse de recherche.

Enfin, en réinvestissement, j’ai trouvé sur le site le p’tit Roi, enfant autiste, des documents qui conviennent tout à fait à Zoé puisqu’ils sont répétitifs. La répétition, c’est ce qui lui convient en mathématiques. Le but n’étant vraiment pas de faire d’elle un génie des mathématiques, mais simplement qu’elle puisse résoudre des problèmes de la vie courante.
D’autres ressources sur les critères de divisibilité :
http://lesateliersdecathy.overblog.com/2015/11/les-nombres-divisibles-par.html
http://troublesneurovisuels.unblog.fr/2015/11/17/criteres-de-divisibilite/