Suite au visionnage du film « Etre et devenir », une maman pratiquant l’IEF a déposé sur ma page Facebook un lien vers le documentaire « L’éducation interdite », réalisé par German Doin, produit par Verónica Guzzo, Cintia Paz et Franco Iacomella, sorti en 2012.
Je suis en train de le visionner, je regarde plusieurs fois certains passages, pour bien m’en imprégner, et les digérer. Et devant mon ordi, je peste, je commente, j’acquiesce.
Un passage revu hier soir (à 1h07 du film) me parle vraiment aujourd’hui, suite aux remarques qu’encaissent jours après jours mes enfants : « Tu as un poil dans la main », « Tu es tête en l’air », « T’es pas beau quand tu pleures » … et bien d’autres tirades encore qui sortent régulièrement de la bouche des adultes que rencontrent mes enfants. Des adultes croisés dans la rue, mais également des adultes « éducateurs », qu’ils côtoient tous les jours.
Ce passage parle donc de ces enfants, qui sont « trop » ou « pas assez », et à qui on demande constamment d’être « au milieu », dans la norme, moyens.
Ces enfants que l’on trouve trop curieux ou trop blasés, trop attentifs ou trop têtes en l’air, trop mous ou trop énergiques , trop exubérants ou trop fades, trop bavards ou trop timides, trop gros ou trop maigres, trop anges ou trop monstres …
Pourra-t’on un jour considérer l’enfant, sans le qualifier, l’étiqueter ? Echanger, vivre, partager avec lui pour qui il est, et non pour ce qu’il est ? L’aimer pour ce qu’il est sans projeter sur lui nos envies d’adultes qui nous rassurent ? L’aimer comme il est et non comme la société voudrait qu’il soit ? Et surtout, oser penser qu’on a autant à apprendre de lui que lui a à apprendre de nous ?
Je suis Emilie Lagoeyte. Maîtresse d’école, animatrice nature, maman… et blogueuse ! Comme vous, je suis avec un immense plaisir le fil des articles d’Anaïs, qui nous ouvre une petite fenêtre sur son quotidien de maman pleine de ressources et de génie… une sacrée source d’inspiration!
Son article sur son poste d’observation des oiseaux m’a donné envie de lui faire découvrir un petit programme… Anaïs, peut-être le connais-tu déjà, en tout cas, j’espère que cette présentation te donnera envie de l’essayer!
« Cette année, nous avons mis en place un coin d’observation, afin de nous intéresser de plus près à nos squatteurs du jardin. » Tiens tiens, chez nous, pareil !
Verdier d’Europe
« Et j’entame donc une autoformation « Je suis une quiche en zoologie, mais je me soigne !« . Ça tombe bien, on est des milliers, plus ou moins quiches dans ce domaine… et les ornithologues l’ont bien compris!
Je vais m’expliquer. Anaïs, tu vas voir, ton petit laboratoire d’observation peut être une mine d’or pour les scientifiques. Et réciproquement, collaborer avec une équipe de chercheurs est un formidable moteur pour en apprendre davantage, en l’occurrence sur les oiseaux et leur identification. Et ce, qu’on ait 6 ans, 8 ans ou… bref, l’âge d’être parent !
J’ai donc le plaisir de vous présenter…
… l’Observatoire des oiseaux des jardins!
De quoi s’agit-il?
L’Observatoire des oiseaux des jardins est un programme de sciences participatives. C’est à dire un programme conçu par des chercheurs ayant besoin d’un grand nombre de données… et qui font pour cela appel à vous, à nous, au grand public!
Ces chercheurs se mettent donc à la portée de tout un chacun. Pas question de nous rebuter à grands coups de noms savants et protocoles incompréhensibles!
Au contraire. les programmes de sciences participatives bichonnent les familles participantes. Ils proposent en général des outils sympas à prendre en main, bien illustrés et avec un nombre réduit d’éléments à observer.
Par exemple, cet hiver, j’ai participé à BirdLab. Grâce à ce programme, j’ai téléchargé (gratuitement) une application Smartphone avec laquelle je me suis entraînée à reconnaître une vingtaine d’oiseaux. Puis j’ai saisi mes observations en temps réel, simplement… en cliquant sur les oiseaux que j’observais!
Qui organise ce programme ?
L’Observatoire des oiseaux des jardins est organisé par la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) ainsi que Vigie-Nature qui est un programme du Muséum National d’Histoires Naturelles.
Qui peut participer ?
Tout le monde!
Les familles, les écoles, vous, Anaïs… sans examen d’entrée. C’est le principe des sciences participatives!
Je commence aujourd’hui à publier une série de panneaux reprenant les périodes phares du développement de la main chez le bébé à partir de la naissance, et les propositions de matériel adaptées en fonction des observations de l’enfant.
Pour commencer, un très très court résumé de la pensée de Maria Montessori au sujet de la main
Etre parent, c’est passer de l’espace à l’infini, des français aux mathématiques, de la babygym à la peinture, mais aussi de la musique à la zoologie !
Ce soir, je vous parle de notre pas-si-nouveau « kiff » familial : observer les oiseaux de notre jardin, et de notre stand d’observation (enfin de la vue que nous offre la fenêtre de la cuisine, et du plan de travail qui accueille notre matériel de zoologie).
Depuis de nombreuses années, nous disposons en hiver sur les arbres nus de notre jardin, des petites maisonnettes pour les oiseaux, et des boules de graisse pour les nourrir. Les enfants ont toujours joyeusement rempli de graines les mangeoires à oiseaux, en transformant notre salon en bac sensoriel géant.
Cette année, nous avons mis en place un coin d’observation, afin de nous intéresser de plus près à nos squatteurs du jardin. Et j’entame donc une autoformation « Je suis une quiche en zoologie, mais je me soigne ! »
Voici la vue que nous offre la fenêtre de la cuisine : notre pommier, nu comme un ver, bien pratique pour observer et photographier les oiseaux.
Nos repas sont souvent interrompus par de longues observations familiales, mais nous adorons ça.
Nous prenons des photos afin de réaliser un album (enfin là, c’est Lulu qui prend des photos … qui ne finiront pas dans l’album, mais ça commence à venir !).
Pour trouver de quel oiseau il s’agit, nous avons plusieurs outils à notre disposition.
Ce livre fait partie d’une série de petits livres, à prix très abordables, que l’on trouve en supermarché. Nous avons également celui sur les insectes, et les arbres.
Celui-ci avait été trouvé chez Lidl, et les photos sont très jolies.
Je ne trouve plus du tout d’où vient ce poster, mais mon mari a retrouvé le pdf dans son ordi, une chance ! Vous pouvez donc le télécharger en cliquant sur le lien : Poster oiseaux
J’ai téléchargé une application sur Ipad, qui permet d’avoir des informations supplémentaires sur le mode de vie des oiseaux, qui nous laisse entendre leurs chants. Les photos sont vraiment jolies, pour un prix très modique.
Une fois les photos prises, le nom de l’oiseau trouvé, c’est notre aînée qui gère la partie informatique : choix de la photo/recadrage/impression … Avec ces photos, nous avons créé un album, en utilisant les peintures de Luce en guise de pages. Le nom des oiseaux est écrit sur une étiquette, et scratché, afin d’être utilisé en jeu (on enlève toutes les étiquettes, et on les recolle au-dessus de l’oiseau correspondant pour mémoriser le nom des oiseaux).
Et ce soir, comme par non-hasard, une discussion avec une amie m’amène à découvrir le site de la FCPN, qui regorge de documents pédagogiques. Vous trouverez donc des compléments ici.
Pour Noël, Lulu a reçu en cadeau une série de clochettes à doigts VILAC.
Evidemment, je rêve d’avoir les vraies cloches Montessori, celles qui ont un son magnifique, qui sont très justes … Mais voilà, je n’ai ni trop d’argent à dépenser, ni une école à équiper, et notre maison déborde déjà d’instruments en tous genres !
Dans un premier temps, j’ai laissé ces clochettes en libre accès, pour voir comment Luce allait se les approprier. Elle baigne dans la musique depuis sa naissance, son papa étant musicien.
Etant pédagogue ET musicienne (pour mémoire, avant l’IUFM, j’ai usé mes jean’s sur les bancs de Fac de musicologie et du conservatoire), j’ai très vite mis en place toute une série d’activités autour de ces clochettes dont j’avais bien cerné le potentiel. Activités inspirées à la fois de la pédagogie Montessori, des activités du Tout petit conservatoire, et de mes recherches sur Pinterest. Le tout a été mixé et ressorti à la sauce Montessori … mais pas que !
J’ai vite décidé de mettre en place un tapis à musique, une portée « sensorielle ». J’avais envie que mes enfants vivent physiquement la portée, la façon dont les lignes et les interlignes sont agencées, la façon dont les clefs et les notes sont posées …
La création du matériel
J’ai commencé par découper et plastifier des notes. Des notes pleines pour les noires et les croches, des notes évidées pour les rondes et les blanches.
J’ai cousu un tapis à portée, avec sa housse. Sur la première version, ci-dessous, les fils me semblaient trop fins, et surtout, il y avait un gros problème, la clef de sol était rouge, alors que la note sol était verte.
Un petit tour chez Mondial Tissu (au bout de la rue, ouf !), et le problème était réglé : une clef de fa avec ses boutons pour les points, verte claire, et une clef de sol verte foncée, des lignes plus épaisses et plus agréables à regarder et à manipuler. J’ai également créé de petites lignes noires pour poser le do, des barres de mesures, et des queues pour les notes. Ce matériel complémentaire n’a pas encore été exploité, je compléterai cet article au moment venu !
– Téléchargement du matériel « La portée sensorielle » –
Je vous propose ici plusieurs choix de matériel à créer. Vous avez le choix de créer un tapis de portée comme le mien, ou comme vous l’aurez inventé, ou encore de télécharger une portée musicale géante chez Montessori et Cie. La portée se trouve là.
Si vous créez votre propre tapis, il doit mesurer au moins 30 cm de haut, et 2 mètres de long. Mes notes, imprimées en 100 %, mesurent 4 cm de haut.
soit imprimer la portée en format standard, et réduire mes fichiers en choisissant l’option imprimer/échelle personnalisée/72,5 %
soit agrandir la portée en A3 et utiliser mes fichiers en format standard
J’ai créé trois fichiers différents, un avec les notes colorées aux couleurs des clochettes VILAC, un avec les notes colorées aux couleurs des clochettes FUZEAU et des tubes BOOMWHACKERS et un en noir et blanc pour utiliser avec n’importe quel matériel musical (et là, tu te dis que ça manque d’unité, d’un code commun, et tu n’as pas tort !)
Je peux adapter ce fichier en fonction des couleurs de votre matériel, il suffit de me le demander !
Pour Luce, j’ai créé un tapis différent, qui lui permet de réaliser la gamme. La laisser expérimenter seule c’est bien, lui faire entendre la gamme dans le bon sens, c’est mieux ! Elle met les clochettes en paires avec les notes dessinées, puis déplace chaque clochette en suivant sa « route ». Elle les fait ensuite sonner dans l’ordre.
L’utilisation de la portée sensorielle
Nos séances musicales sont familiales, et se déroulent de cette façon :
1. Remettre les clochettes dans l’ordre de la gamme, à l’oreille, sans la vue (Luce assiste, et donne des ordres, hihi !)
2. Retrouver la note jouée, puis reproduire une mélodie courte jouée au xylophone glockenspiel -merci mes lecteurs pour la correction !- (2 notes, puis 3 notes conjointes … puis doucement, on va vers plus de difficulté)
3. Disposer les lignes, vérifier la hauteur des interlignes avec une note (là, vous pouvez envisager la puissance du matériel auto-correctif, hihi)
4. Poser les notes sur la portée, après avoir créé la clef de sol, et en partant de la note sol, puis chanter la gamme dans l’ordre, en suivant avec le doigt. Le but ici, c’est l’imprégnation : à force de voir les notes disposées de cette façon, ils sauront les lire. Le même travail sera fait plus tard avec la clef de fa.
5. Jouer une partition avec les clochettes (pour le moment, c’est moi qui dispose les notes pour créer de petites mélodies), j’adore assister à la joie familiale que cette activité provoque. La musique est vraiment un vecteur de paix ! Je le vérifie tous les jours à la maison ! Coopération et discussions autour d’un même projet, on aime ça ! Mon aînée se place en « professeur », car elle, elle prend des cours de solfège et de violoncelle. Elle est ravie de partager son savoir avec le reste de la fratrie.
Avec ce matériel, nous allons donc pouvoir travailler toutes les notions de solfège, qui concernent la lecture de notes et l’acquisition du rythme. J’ai également mis à disposition des cartes de nomenclatures sur les étagères :
Je suis certaine que parmi mes lecteurs, de nombreux parents ont un jour appris la musique. Transmettre ce savoir musical à vos enfants, c’est un merveilleux cadeau que vous pourriez leur faire ! Je vous promets de très beaux moments familiaux, sans stress ni recherche de performance. Un bon shoot d’ocytocine en prévision ! Foncez !
Bidouillages autour du matériel créé
Séance du 23 mars 2015 :
Cloches et xylophone :
On commence par notre traditionnel jeu de sériation à l’aveugle. Milo est en échec, il termine donc les yeux non bandés et retrouve le sourire.
Nous continuons avec les notions de grave et d’aigu, et plus grave et plus aigu que.
Je joue des notes au xylophone et il doit retrouver la même note parmi ses cloches.
Je joue des mélodies très simples au xylophone glockenspiel, avec trois notes (do-ré-mi), et il doit les reproduire avec les cloches. C’est à lui ensuite d’inventer une mélodie avec les cloches que je reproduirai avec le xylophone glockenspiel (et là, évidemment, il essaye de me piéger !).
Avec la gamme sensorielle :
Après avoir posé la gamme de do majeur, et après avoir observé le xylophone, nous nous apercevons qu’il y a des notes sous le do grave, et d’autres au dessus du do aigu. Milo voudrait encore continuer, mais nous n’avons plus assez de petites lignes supplémentaires ! Le travail des prochains jours consistera à lui faire comprendre que pour simplifier la lecture de ces petites lignes supplémentaires, d’autres clefs sont disponibles, notamment la clef de fa, que sa sœur lit pour la pratique du violoncelle. Il comprendra donc que l’on utilise la clef de fa pour écrire les notes graves.
Et puis, nous avons commencé la compréhension du rythme en « écrivant » sur la gamme sensorielle la main droite de sa partition de piano (il a voulu débuter le piano avec moi cette semaine). Il pose les blanches, qui font deux temps, et comme on ne peut mettre que quatre temps dans la mesure (c’est écrit après la clef de sol de sa partition de piano), avec deux blanches, la mesure est complète, on met donc en place une barre de mesure.
Il a pris beaucoup de plaisir à jouer cette petite mélodie. Et moi, beaucoup de plaisir à observer sa concentration, si difficile à obtenir (enfant TDA), et sa volonté de se battre pour réussir.