Montessori … mais pas que !

La gestion des écrans dans la fratrie : pour quelle stratégie opter ?

Hier, j’ai partagé sur ma page Facebook un outil destiné à la gestion des écrans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a fait couler de l’encre … Le sujet du siècle !

Dans « gestion des écrans », j’entends « maîtrise du temps passé devant écran, que ce soit la télé, l’ordi, la console ou la tablette ».

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Un juste équilibre entre despotisme et libéralisme

 

Si j’en viens à utiliser un outil pour reposer les règles, c’est qu’évidemment, cette gestion des écrans n’est pas optimale à la maison. Entre despotisme (pas d’écrans du tout) et libéralisme (utilisation libre des écrans à la maison), nous avons choisi d’accompagner nos enfants dans leur consommation. Et si on parle de consommation, c’est bien que ces outils s’apparentent à une drogue.

J’ai lu sur le danger de la télé pour les bébés, j’ai lu sur l’apprivoisement des écrans, bref, j’ai lu Tisseron, et je l’ai même vu en conférence. Je suis convaincue que les écrans peuvent apporter des compétences aux enfants, stratégiques, sociales, visuelles, mnésiques … Et puis, les écrans sont partout, chez les amis des enfants, dans nos poches, chez l’orthodontiste, et même dans notre médiathèque, dans le coin destiné aux petits …

Alors, plutôt que les diaboliser, nous avons décidé de les autoriser à petite échelle à la maison, et d’en parler beaucoup avec les enfants (des dangers avec un discours préventif, mais aussi de tout ce qu’ils permettent) :

 

Nos problèmes face aux écrans

 

Zoé, 11 ans reconnait elle-même que les relations avec ses amies changent depuis qu’elles ont un téléphone, et qu’il devient difficile d’avoir une conversation normale avec elles. Elle est plutôt raisonnable sur sa consommation.

Milo, 9 ans fuit certains copains qui sont « mono-conversation », comme il aime à le dire, et qui ne parlent que de jeux violents de guerre (et ouf, notre discours préventif fonctionne). Il a encore du mal à gérer son temps et avoue en vouloir toujours plus et puis, parfois, il se retrouve à jouer seul car tous les enfants du quartier sont sur leurs consoles … Socialement, pouvoir parler des jeux avec les copains, c’est quand même plutôt sympa, sinon, on est vite mis à l’écart.

Le souci des derniers jours, c’est plutôt Lulu, 5 ans : Lulu pourrait tuer pour avoir la tablette dans les mains. Lulu entre en crise quand son temps s’arrête. Lulu se cache et ment pour jouer en cachette. Son cerveau à elle n’est pas prêt à entendre notre discours préventif, et c’est surtout elle que nous devons protéger. Et c’est sur ces cerveaux-là que la drogue agit encore mieux … Elle grandit avec deux pré-ados, tous ses copains sont plus âgés qu’elle. Elle est entourée par les écrans.

 

Nos règles et notre outil de consommation

 

Les enfants n’ont pas besoin de limites, ils ont besoin de règles … alors, même si un système de tickets était déjà en place depuis un moment à la maison, c’est vrai que nous avions lâché un peu de lest sur notre « contrôle parental » après avoir vécu les vacances de Noël sans tablette.

Après une énième crise de Luce, j’ai décidé de reprendre les choses en main, de poser à plat les règles, et d’y adjoindre des conséquences éducatives. Parce que oui, au bout d’un moment, quand on ne respecte pas des règles, dans la vie, les conséquences arrivent vite, n’en déplaise aux anti-VEO.

Nous avons discuté avec les enfants de leurs besoins en terme de temps, en trouvant un compromis avec leurs envies et nos limites à nous. Ils ont établi eux-mêmes les conséquences de leur manquement aux règles. Les grands disposent donc d’un temps de 100 minutes par semaine, découpé par ticket de 10 minutes. Luce a 7 tickets de 10 minutes. Ils peuvent choisir de cumuler les tickets, les utiliser tous d’un coup ou de les économiser.

Bref, voici l’outil que je leur propose, il est loin d’être parfait et il est vraiment perfectible. Je voulais le tester sur une semaine pour voir ce que ça donne avant de proposer des tickets bonus quand la semaine s’est bien passée, comme une sorte de renforcement positif. Certains penseront que je mets en place un système de carotte/bâton … mais s’ils ont des solutions concrètes (autres que supprimer les écrans, couper le WIFI ou partir vivre sur une autre planète), je suis preneuse !

Avec cet outil, les enfants peuvent faire visuellement une estimation du temps qu’il leur reste sur la semaine, et c’est très intéressant/énervant de les observer tenter de gérer leur consommation. Chaque week-end, je ferai un point avec les enfants sur leurs difficultés, leurs réussites, et nous réévaluerons les besoins et les règles.

Je vous propose mon tableau vide, à remplir avec vos enfants, mais le plus intéressant serait je pense d’adapter l’outil en fonction de vos besoins. J’aimerais beaucoup que cet article nous permettent de réaliser ensemble un outil abouti, pensé, respectueux. 

Les règles pour l’utilisation des écrans

 

Notre journal quotidien

 

Dans cette partie de l’article, j’essayerai de vous tenir informés de nos réussites et de nos conflits.

17/01 : La semaine commence plutôt mal, Milo n’a pas respecté le temps du minuteur (il avait choisi de jouer 10 minutes, a placé 20 minutes sur le minuteur, et au final, n’a pas arrêté de jouer quand le minuteur a sonné). J’en déduis qu’il a besoin d’être encore plus accompagné. Il a beaucoup râlé quand il a dû s’enlever un ticket et de colère, il a tout arraché puis recollé. Je ne lâche rien. Je ne veux pas avoir à tout supprimer, il aime tant pouvoir échanger avec ses copains sur les jeux auxquels il joue. Je ne veux pas avoir à le mettre en marge. Je veux vraiment trouver des solutions pour lui permettre de jouer sans se mettre en danger.

18/01 : Lulu : « T’as raison Maman, j’peux faire plein de trucs quand je ne demande pas la tablette : jouer aux playmobils, faire de la peinture … mais quand même, ça me manque trop ! »

22/01 : Notre conseil de famille s’est réuni hier pour regarder le document d’Envoyé Spécial. Zoé s’est rendu compte que les vidéos Youtube et les réseaux sociaux servaient surtout à nous envoyer des pubs, elle n’en avait pas conscience jusqu’ici. Quant à Milo, il m’a dit : « Je ne pensais pas que les écrans avaient autant d’influence sur le développement du cerveau ». Ce matin, nous avons réévalué les besoins et reparlé des règles (ils ont assoupli les règles qu’ils avaient eux-mêmes posées la semaine dernière), en mettant en place également un « bonus » que chacun a choisi. Milo et Luce se sont rendus compte qu’ils ne pouvaient pas gérer le minuteur, et m’ont demandé d’être le gardien du temps.

A la fin de la séance, Milo m’a dit qu’il était ravi de ces nouvelles règles : des tickets allongés à 15 minutes, la possibilité de terminer rapidement sa partie avant de l’enregistrer quand le minuteur sonne.

Nous avons reposé l’interdiction de regarder des vidéos YouTube sur un écran mobile. Elles sont autorisées avec demande préalable sur la télé familiale.

Merci d’avoir lu cet article et à bientôt !

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